Plutôt Start-up, PME ou Grand Compte ?

Plutôt Start-up, PME ou Grand Compte ?

écrit par Chloé

S’il est une question que l’on entend souvent en recrutement, c’est bien celle-ci. On la pose souvent aux jeunes, lors de leur première recherche de stage, ou bien au début de leur carrière. Cette question, à première vue anodine, semble pourtant décider de l’avenir de carrière des candidats dans leur imaginaire.

Spoiler alert : ce n’est pas le cas. Alors, c’est parti pour démystifier cette sempiternelle question !

 

Une petite histoire de la start-up et autres typologies d’entreprise.

Il y a une chose que le monde de l’entreprise adore, c’est bien utiliser la sémantique pour répondre à un effet de mode. Les plus littéraires d’entre nous auront à cœur de toujours dire « numérique » plutôt que « digital » et à comprendre le sens derrière les mots-clés mis en avant par les entreprises.

Commençons par les start-ups. Voilà un mot qui, il y a quinze ans, n’avait pas encore franchi ni l’Atlantique, ni la Manche. Réservé à l’économie anglosaxonne, le terme était traduit en France par « jeune boîte ». Puis, on s’est rendu compte que les start-ups étaient à la mode, qu’elles attiraient les talents, jeunes ou moins jeunes, en quête de changement. Alors les start-ups ont commencé à fleurir un peu partout. Le terme a été galvaudé et le sens complètement transformé.

Auparavant, une start-up était une jeune entreprise de moins de trois ans proposant un service inédit et en lien avec l’univers de la tech. Aujourd’hui, est start-up n’importe quelle entreprise qui vient de se créer ou dont les effectifs sont assez réduits. La start-up est la nouvelle TPE en somme. Les start-ups ne sont plus autant disruptives qu’avant, elles proposent la plupart du temps une solution améliorée de ce qui existe déjà. Et puis, comme il a bien fallu que les start-ups se différencient les unes des autres, on a inventé tout un lexique autour de cette nouvelle typologie d’entreprise :

          Early stage

          Série A, Série B, Série C

          Scale-up

          Licorne

Aujourd’hui, vous trouvez des entreprises de plus de 100 personnes, avec des bureaux dans différents pays qui se revendiquent start-ups. La question à se poser est donc : selon vous, est-ce que Facebook est toujours une start-up ou bien une multinationale ? Doctolib est-elle encore une start-up ?

Alors certains vous diront qu’être une start-up c’est un état d’esprit. Cet état d’esprit est souvent lié à des méthodologies « tech » dites Agiles, SCRUM ou encore Lean. Ce sont autant de méthodologies qui séduisent facilement des équipes techniques sur-sollicitées et souvent peu à l’écoute du marché.

Le monde des start-ups a permis de remettre au centre des préoccupations des problématiques liées à la qualité de vie au travail, à la rémunération ou encore à la méritocratie. L’avènement des self-made men ou women a remis sur le devant de la scène les principes premiers de l’entrepreneuriat. Pourtant, il ne faut pas oublier que la plupart des dirigeants de start-ups sont issus des grandes écoles (ingénieur ou commerce) et issus de milieux sociaux favorisés.

 

Et si on décidait de combiner les expériences ?

Il y a une chose qu’il ne faut pas oublier, c’est que choisir une voie plutôt qu’une autre ne vous condamne pas à rester sur un seul chemin. Beaucoup de personnes décident de quitter l’univers start-up pour rejoindre une PME ou un Grand Compte. De plus en plus d’entreprises proposent de combiner différentes formes d’organisation.

Certaines grandes entreprises ont des unités travaillant « en mode start-up », notamment sur la partie innovation, marketing ou encore produit. Les équipes en place ont besoin de plus de flexibilité, de moins de hiérarchie et surtout de pratiquer ce qu’on a communément appelé le « test and learn » afin de produire rapidement des résultats.

De la même façon, n’oublions pas cet adage : les défauts des uns sont les qualités des autres. Si à l’origine, les start-ups ont pu parfois se montrer hostiles à l’organisation des grands groupes ou des PME, il a bien fallu, au gré de leur évolution et de leur croissance, qu’elles proposent à leurs équipes des perspectives d’évolution, soit horizontales, soit verticales. Par ailleurs, les start-ups les plus connues et faisant exemples de réussite (Malt, Alan et autres) ont fini par adopter une structure définie : présence d’un management, offres de formation en interne, etc.

Inversement, les grands groupes et les PME ont beaucoup appris de ce nouveau mode de fonctionnement d’entreprise en faisant preuve de plus de souplesse, en testant des lancements de produit plus rapides ou encore en favorisant les interactions entre les différentes parties prenantes. Les grandes entreprises ont donc pu aller conquérir de nouveaux marchés, embaucher de nouveaux talents ou encore améliorer leur marque employeur en écoutant les tendances du marché de l’emploi.

Les PME ont, elles, tendance à être un excellent entre-deux. Réputées comme étant des structures historiquement plus familiales, elles sont un excellent terrain d’apprentissage dès lors qu’il s’agit d’allier autonomie et encadrement. A l’instar des start-ups, elles permettent à tous d’être assez polyvalents tout en leur faisant profiter d’un encadrement et d’une formation personnalisée. Bien qu’elles aient la réputation d’être moins orientées « tech », elles proposent la plupart des services originaux et pour une clientèle très variée.

Am stram gram, pic et pic et colégram : de la manière de faire son choix ?

Vous l’avez compris, il y a des avantages et des inconvénients dans chaque type de structure. Ce qui compte finalement, ce n’est pas tant d’avoir une collection d’entreprises du CAC 40 sur votre CV, ou bien d’être abonné.e à « start-up magazine », mais plutôt de construire un parcours professionnel qui vous ressemble et qui vous permette d’atteindre votre objectif.

En réalité, il faut plutôt regarder ce qui peut être le plus profitable pour vous. Si vous avez pour ambition de créer votre entreprise dans le secteur de la finance, avoir une expérience dans une grande banque internationale, dans un fonds d’investissement et dans une start-up liée à la fintech semble un choix judicieux. Ainsi vous aurez engrangé un certain nombre d’expériences variées vous permettant d’appréhender différents clients, différents projets et produits et donc de comprendre là où pourrait se trouver votre plus-value.

Par ailleurs, n’oublions pas qu’il y a à peu près autant de métiers qu’il y a d’entreprises. Le bien-être au travail est une notion qui implique de rejoindre un environnement qui sied à votre caractère. Certains ont besoin d’encadrement et de pouvoir compter sur une équipe bien structurée, tandis que d’autres, en revanche, ont une sainte horreur de la hiérarchie et préfère évoluer dans des environnements bouillonnants et en pleine construction.

Si jamais vous envisagez une carrière à l’étranger, commencer dans une entreprise n’ayant aucun lien avec le marché international ou n’ayant aucune envie de s’exporter peut être compliqué pour la suite de votre carrière. Dans ce cas de figure, intégrer une structure à dimension internationale peut être plus pertinent, que ce soit une start-up, une PME ou une Grande Entreprise.

 

Ce qu’il faut retenir de cet article, c’est avant tout que peu importe le type de structure, sa taille et son « pédigrée », ce qui compte avant tout, c’est comment cette expérience peut être valorisée dans votre parcours, comment elle va vous permettre de grandir humainement et professionnellement parlant et dans quelle mesure vous pourrez vous épanouir grâce à ces expériences. Comme disaient les grands philosophes, peu importe la taille, tant que les pieds touchent le sol 😉